Responsabilité du parent qui ne respecte pas les droits parentaux de l’autre

Responsabilité du parent qui ne respecte pas les droits parentaux de l’autre

Peut-il être condamné à indemniser son ex-conjoint ?

Après une séparation, l’autorité parentale continue en principe d’être exercée conjointement par les deux parents. Chacun doit respecter les droits de l’autre, qu’il s’agisse du droit de visite, du droit d’être informé sur la scolarité ou la santé de l’enfant, ou encore de la place de chacun dans les décisions importantes concernant sa vie.

Pourtant, et en dehors de toute décision de justice, il arrive qu’un parent fasse obstacle de manière répétée aux droits parentaux de l’autre : refus de présenter l’enfant, déménagement dissimulé, exclusion des décisions importantes, manipulation de l’enfant, absence totale d’information…

Au-delà des sanctions pénales ou familiales, ces comportements peuvent également engager la responsabilité civile de leur auteur et ouvrir droit à réparation du préjudice subi par l’autre parent.

Claire Gastellu Etchegorry, avocate à Paris 17 vous accompagne dans vos démarches.

Le principe : une faute engage la responsabilité de son auteur

En droit français, l’article 1240 du Code civil dispose :

Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé au réparer.

Autrement dit, lorsqu’un parent commet une faute causant un préjudice à l’autre parent, il peut être condamné à verser des dommages-intérêts.

Trois éléments doivent être démontrés :

  • Une faute
  • Un préjudice
  • Un lien de causalité entre les deux

Quels comportements peuvent constituer une faute ?

Tous les désaccords parentaux ne donnent pas lieu à indemnisation. En revanche, certains agissements répétés, intentionnels ou particulièrement graves peuvent être sanctionnés civilement.

Lorsqu’un parent refuse sans motif légitime de remettre l’enfant à l’autre, il porte atteinte à ses droits parentaux.

Cela peut concerner :

  • refus de présentation de l’enfant ;
  • annulations systématiques de week-ends ou vacances ;
  • obstacles matériels organisés ;
  • influence exercée sur l’enfant pour refuser les visites.

Le principe est le maintient des relations avec l'autre parent. Même sans décision judiciaire, ce comportement, s'il n'est pas justifié, est susceptible de constituer une faute. 

Ce comportement, peut causer un préjudice moral important au parent évincé.

L’exercice conjoint de l’autorité parentale suppose une information et une concertation réciproques.

Peut être fautif le parent qui décide seul :

  • d’un changement d’école ;
  • d’un suivi médical important ;
  • d’un départ à l’étranger ;
  • d’un changement de résidence impactant les liens avec l’autre parent ;
  • d’une orientation religieuse ou éducative majeure sans concertation.

Le fait de cacher le lieu de résidence de l’enfant, de déménager sans prévenir, ou de couper tout contact avec l’autre parent peut caractériser une faute civile distincte des éventuelles infractions pénales.

Sans employer des notions contestées de manière automatique, les juridictions sanctionnent les comportements consistant à détruire volontairement le lien entre l’enfant et l’autre parent :

  • propos dévalorisants constants ;
  • accusations mensongères ;
  • instrumentalisation de l’enfant ;
  • opposition systématique à toute relation.

Quel préjudice peut être indemnisé ?

Le parent victime peut solliciter la réparation de plusieurs types de préjudices.

souffrance parentale et lien enfant

Le préjudice moral

C’est le plus fréquent : souffrance liée à la privation de lien avec son enfant, sentiment d’exclusion, atteinte à la place parentale, détresse psychologique.

Il est important de garder une trace des répercussions psychologiques de cette atteinte.

Le préjudice matériel

Exemples :

  • frais de déplacement inutiles ;
  • billets réservés pour exercer un droit de visite non respecté ;
  • frais de procédure rendus nécessaires par les manquements ;
  • dépenses engagées en raison d’une désorganisation fautive.
dépenses liées à un préjudice matériel
personne en colère devant des accusations mensongères

L’atteinte à l’image ou à la réputation

Dans certains cas, notamment en présence d’accusations mensongères répétées.

La faute doit être commise sans cause justificative

La responsabilité civile suppose l’absence de cause légitime.

Un parent ne sera pas condamné s’il justifie son comportement par un motif sérieux, par exemple :

Danger réel pour l’enfant

Violences avérées

Risque immédiat pour sa sécurité

Impossibilité médicale

Urgence particulière

Décision judiciaire provisoire contraire

En revanche, de simples tensions entre ex-conjoints, un conflit personnel, un ressentiment ou une volonté de punir l’autre parent ne constituent jamais une justification valable.

Quelle juridiction saisir ?

Selon les situations, plusieurs actions peuvent être envisagées :

Devant le juge aux affaires familiales

Pour faire cesser les atteintes aux droits parentaux :

  • modification de résidence ;
  • adaptation du droit de visite ;
  • exercice exclusif de l’autorité parentale ;
  • injonctions diverses.

Devant le tribunal judiciaire

Pour obtenir des dommages-intérêts en réparation du préjudice subi.

Les deux démarches peuvent parfois être menées parallèlement.

Quelles preuves faut-il réunir ?

La preuve est essentielle. Il convient de conserver :

  • Messages et courriels
  • Attestations
  • Mains courantes ou plaintes
  • Constats d’huissier
  • Décisions de justice non respectées
  • Justificatifs de frais
  • Échanges avec l’école ou les médecins
  • Historique des annulations ou refus

Un dossier bien préparé permet d’objectiver des comportements parfois minimisés.

En pratique : les juges indemnisent-ils réellement ?

Oui, lorsque les manquements sont établis et qu’ils dépassent le simple conflit parental. Les juridictions peuvent allouer des sommes variables selon :

  • La gravité des faits
  • Leur durée
  • Leur répétition
  • L’intention malveillante
  • L’importance du préjudice subi

Chaque dossier est apprécié concrètement.

L’accompagnement d’un avocat est souvent déterminant

Ces contentieux sont sensibles : ils mêlent émotion, parentalité et stratégie procédurale. Il est essentiel d’agir avec discernement, en distinguant :

Le conflit ponctuel

Le désaccord éducatif

Et la véritable faute civile causant un dommage

Une action bien fondée peut permettre de faire reconnaître la place du parent injustement écarté et de faire cesser des comportements destructeurs.

Vous êtes empêché d’exercer vos droits parentaux ?

Si l’autre parent fait obstacle à vos droits sans motif légitime, il est possible d’agir pour faire respecter vos droits et obtenir réparation du préjudice subi.

Me Claire Gastellu Etchegorry, avocate en droit de la famille à Paris 17, vous accompagne dans les litiges relatifs à l’autorité parentale, à la résidence des enfants et aux atteintes aux droits parentaux.